« J’ai rejoint le DF Art Project parce que j’y ai trouvé une exigence qui me ressemble : créer non pas des images décoratives, mais une recherche authentique. DF valorise l’engagement, la réflexion et la rigueur, des valeurs qui résonnent avec ma pratique fondée sur l’expérience, l’incertitude et la transformation. Je ne cherche pas à illustrer une idée, mais à traverser une expérience.
Ma démarche, que je qualifie de sensualiste, vise à suspendre le mental pour laisser émerger une présence plus directe au réel. Peindre consiste à accueillir l’incertitude de la matière, à laisser surgir la composition depuis l’expérience vécue plutôt que depuis un concept. Cette approche rejoint l’esprit de DF : accepter les phases d’instabilité pour recomposer depuis un point de vue élargi.
Mon travail explore les états de transformation. La figure y apparaît en tension ou en recomposition, et la matière — effacements, superpositions, accidents — traduit des passages et des seuils. Les motifs ne sont que des points d’appui pour interroger le lien entre visible et invisible, tension et souplesse, mouvement et équilibre.
Je ne cherche pas à orienter l’interprétation : j’aimerais que le spectateur entre dans l’œuvre comme dans un espace d’expérience, un lieu de résonance et de ralentissement du regard. Plus qu’un message, je souhaite offrir un moment de présence à soi et au monde.
Je poursuis aujourd’hui cette recherche d’une peinture comme expérience directe, en dialogue avec les besoins sensibles de notre époque. Cette réflexion se prolonge dans mon livre La nécessité de l’art, qui explore le sensoriel et la mémoire collective, et accompagne la pensée à l’origine de ma démarche.»