Mettre à jour le non prévisible

Par Quat’sous

« Appartenir à un collectif artistique tel que le DF ART PROJECT me permet de confronter mon geste d’artiste aux autres plasticiens qui puisent dans une même sensibilité à l’humain. Cela nourrit et renouvelle ma propre créativité qui pourrait, sans cela, se stériliser dans une pratique circulaire.

Ma taille directe de grands bois résulte d’une approche sensorielle immédiate, je veux dire non conceptuelle, non intellectualisée de traces inscrites dans les fibres de ce bois mort, de son histoire de croissance vivante. C’est pour moi une rencontre à chaque fois improbable d’échos, d’émotions personnelles qui naissent librement. La découverte de ces traces s’offre aussi au visiteur en lien avec ses propres affects. C’est un partage que je souhaite exprimer.

La taille directe à main levée est la seule approche possible pour cette mise à jour d’un déjà-là enfoui et non prévisible d’une présence qui habitait ce vivant végétal que mon geste peut dévoiler, révéler. La formalisation de cette présence dans des éléments de figuration humaine revient à les utiliser comme composantes de notre alphabet d’écriture des êtres, de ces esprits des bois, dans un langage animiste.

Lorsqu’un visage, une figure se présente dans ce mouvement, cela entraine une polarisation de toute la pièce. Un visage est un regard, porté de fait par les lignes de force de la pièce dont il devient l’épicentre d’un sens possible. Les lignes projettent le regard de cette figure comme le point oméga de l’œuvre. C’est une posture physique dans le réel.

L’installation de ce travail atemporel dans un support architecturé d’assemblages de diverses matières offre une présence plus contemporaine en relation avec les lieux de présentation. L’installation est pensée en homogénéité ou en contradiction avec les sensibilités internes au bois ciselé. »

Oniroïde, 2016, bois et métal, 160 x 70 x 50 cm.

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